Le Digital : 6ème sens ou 4ème dimension ?

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Perception naturelle

Quand une voiture passe devant nous, nous la voyons (forme, couleur, taille), nous l’entendons (moteur, frottements, musique, klaxon), nous la sentons ou la goûtons (gaz d’échappement), elle nous touche (courant d’air). Chacun de ces ressentis va nous donner une information et provoquer chez nous une réaction ou un sentiment plus ou moins importants d’admiration, de jalousie, de dégoût, de peur, d’envie, d’indifférence, d’étonnement…etc… finalement ces impacts naturels sur nos cinq sens constituent notre perception des objets qui nous entourent. Notre monde physique est ainsi porteur d’un grand nombre d’information dont nous ne percevons qu’une infime partie. Chaque objet  pourrait être perçu plus en détail ou plus en profondeur par l’exacerbation de nos cinq sens ou dans d’autres dimensions.

Du naturel au digital

Imaginons que la voiture de notre exemple soit émettrice de toutes les informations qui la composent ou qu’elle véhicule. C’est bien cela le digital. C’est la transcription en données (Data) d’éléments de notre monde réel. La plupart de ces données ne sont aujourd’hui pas perceptibles directement mais elles vont le devenir grâce aux innovations technologiques. Et l’ensemble de ces données corrigera notre vision du monde et nous permettra d’agir différemment selon trois axes d’évolution :

  • La digitalisation : Une fois converti en données, un objet peut être représenté sous différentes formes. Cette représentation peut se transmettre à l’autre bout du monde. Il est même possible de faire une recomposition physique de l’élément réel à partir des données transmises par exemple sous la forme d’une image en 2D ou d’une impression 3D qui devient ainsi une forme de télétransmission.
  • La connaissance accrue : En restant dans l’exemple de la voiture, au moment où elle va passer, nous allons connaître (en plus des perceptions naturelles) sa vitesse, son poids, la référence de sa couleur, son prix, son niveau d’équipement, son niveau de carburant et bien d’autres choses encore. Ces informations ne sont pas nouvelles, mais nous les percevons nouvellement. C’est l’élargissement du champ ou l’augmentation de la précision des informations du monde réel qui permettent une évolution de notre acuité sur nos cinq sens par rapport à notre perception naturelle.
  • La situation relative : C’est la perception et la compréhension des liens entre l’objet lui-même, les éléments qui l’entourent et les transformations qu’ils génèrent. Dans notre exemple, nous connaîtrons ainsi le conducteur de la voiture, ses passagers, les liens éventuels entre ces personnes, la situation du véhicule en termes de financement ou d’assurance, son lieu de départ, son lieu de destination, la durée du trajet, l’historique de l’entretien et des pannes, le fait qu’elle soit ou non en infraction et bien d’autres choses encore.

Le digital génère une capacité supplémentaire de production d’informations à partir d’éléments ou d’évènement réels. C’est une sorte de rémanence informationnelle d’éléments réels. Les informations existent dans le monde réel, mais ne sont pas perçues ou ne sont pas liées. Le digital leur donne une existence perceptible, utilisable et offre la possibilité, quand on les capte, de lier et de croiser ces informations pour construire un autre sens également perceptible et surtout utilisable pour agir.

Infiniment digital et assurément transformant

Le volume de connaissance ainsi accessible dans les années qui viennent va encore changer de dimension dans les décennies suivantes sous l’impulsion des évolutions technologiques seulement naissantes mais prometteuses. L’impact de la mise à disposition de cet océan de connaissances dans nos usages va influencer notre vie :

  • Les nanotechnologies vont rendre accessible l’infiniment petit et décupler le niveau de détail perceptible de la connaissance,
  • La science des données va permettre des corrélations, actuellement imperceptibles entre les informations à travers l’identification apprenante des liens qui les unissent,
  • L’évolution de l’informatique vers le quantique et le photonique, va doper la capacité des machines, tant sur les modes de traitement de la donnée que sur la puissance de calcul, donnant ainsi accès à l’information en temps réel.

Finalement le digital n’est-il pas ce fameux sixième sens dont l’homme rêve depuis des siècles ? Qui plus est un sixième sens évolutif et dont la limite nous semble infinie ? Ou bien le digital est-il une nouvelle dimension et pourquoi pas la quatrième, qui va nous permettre de voir le monde comme nous ne l’avons jamais vu et va contribuer à l’évolution de nos capacités et de nos conditions de vie ? Laissons de côté le débat sémantique qui risque de rester ouvert pendant longtemps mais une chose est sûre : la transformation digitale est une réalité et fortement disruptive.

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A propos fducrot

Partner at Sopra Steria Consulting
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